Un émouvant témoignage de Foi

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Une pierre miraculeusement conservée pour illustrer l’histoire religieuse locale

En mai 2019, elle avait été trouvée tout à fait par hasard,  posée sur le bas-côté d’une petite route sinuant dans les anciens marais salants entre le village d’Arceau et la Vieille Perrotine. Elle n’était sans doute pas arrivée là très longtemps avant sa découverte : gênant non seulement un éventuel stationnement, il était difficile de passer à côté sans la voir eu égard à sa taille et à sa position. D’où venait-elle alors, car son état exceptionnel de conservation était à lui-même une énigme : il s’agissait au vu de son épitaphe d’une pierre tombale du tout début du XIXe siècle, d’une blancheur éclatante, ses angles et ses inscriptions parfaitement intacts.  Et mieux encore, elle portait gravés non seulement l’identité de son propriétaire, ses dates de naissance et de décès, mais également une prière et au pied d’une large croix un memento mori. 

Grâce aux recherches d’une généalogiste locale, on a pu retracer l’histoire de Pierre Neau et comprendre pourquoi la stèle portait une injonction que l’on retrouve dans les prières protestantes. Cet ancien officier des Garde-Côtes oléronnais du Château, issu d’une vieille famille protestante ayant compté dans ses rangs des pasteurs exerçant tant sur l’île que sur Arvert, avait également exercé des fonctions publiques pendant la Révolution et épousé une fille elle-même issue de notables de Saint-Pierre. Une identification qui n’expliquait pas sa présence dans un environnement aussi ingrat.. 

Quel destin pour cet émouvant témoignage de Foi

Sans doute pierre venait-elle d’un des villages avoisinants  et aurait été réutilisée après le grand déménagement des cimetières des centres-bourgs opéré dans le courant du XIXe siècle. Pendant tout le XIXe en effet, nombreuses sont les pierres tombales a être ainsi devenues pierre de seuil ou pavages de chai, ou encore  – comme c’est sans doute le cas de celle-ci, passerelle dans les marais, sa face gravée tournée vers le sol, ce qui a assuré sa conservation. A moins que puisque son propriétaire appartenait à une famille réformée, s’agissait-il d’une tombe protestante de plein champ, héritière de la tradition qui voulait que ceux-ci élisent pour dernière demeure non seulement comme Pierre Loti les jardins des leurs maisons, mais également des terrains privés à vocation de devenir un champ de repos pour eux et leurs proches.  Informé de la trouvaille, le maire Christophe Sueur avait fait mettre la pierre à l’abri des convoitises. Aujourd’hui la Paroisse souhaiterait localiser cette pierre singulière avant que de l’étudier, et éventuellement réfléchir avec la municipalité d’une solution pour qu’elle soit mise en valeur et accessible au public en tant que porteuse de mémoire religieuse autant qu’humaine. « Et pourquoi pas dans l’église ». 

Qui était Pierre Neau ? Il était né le 16 mai 1754 au Château-d’Oléron, de Charles Moise Neau et de Catherine Pellissier. Sur d’autres actes, les Pellissier de cette commune sont parfois appelés Pelletier. Il avait épousé Jeanne Sophie Vi(g)nier, fille de Louis et de Sophie Constance. Qualifié de "propriétaire", ce lettré avait aussi été conseiller municipal du Château-d’Oléron en même temps qu’ ancien officier des canonniers garde-côtes. Il était décédé relativement âgé au Château-d’Oléron. Son épitaphe enjoint « aux âmes fidèles de prier pour lui ». 

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